Top 2018

Mesdames et messieurs, voici venu Le Top Albums 2018 à la con Douilles de Rockeur:

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1) Car Seat Headrest – Twin Fantasy

L’ironie de 2018 restera que son meilleur album date de 2011. En décidant de réenregistrer avec des moyens dignes de son nouveau statut un opus de jeunesse déjà culte, le “king of indie-rock” s’est lancé un défi cocasse. Le résultat est une réussite totale tant le son léché apporte puissance et grandeur à des compositions qui, fidèles au savoir-faire de Will Toledo et sa bande dorénavant élargie, savent faire fi des formats et jouer les montagnes russes entre refrains irrésistibles, authentique émotion et énergie maîtrisée. L’épique “Beach Life-In-Death” résume un peu tout ça. Et à ce rythme il y a fort à parier que le prochain album de Car Seat Headrest sera encore “album de l’année”, mais peut-être de la bonne année cette fois.

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2) Young Jesus – The Whole Thing Is Just There

Et le miracle de la beauté fut. Jusqu’ici, notre attention n’avait pas été vraiment retenue par les Californiens, pourtant actifs depuis 2010. Mais le titre de ce quatrième album était certainement prémonitoire: la chose entière est juste là, tout est peut-être concentré ici, le songwriting habité de John Rossiter, habillé par un indie-rock grandiloquent dans lequel s’entrelacent des longueurs post-rock pourtant pas chiantes (les vingt minutes de “Gulf” ont l’air d’en faire quinze de moins). Évoquant Pile tels des cousins de la côte opposée, Young Jesus offre le grand moment de grâce de 2018.

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3) Mitski – Be The Cowboy

Si Will Toledo est bien le nouveau “king of indie-rock”, la “queen of indie-rock” se prénomme Mitski. Après son merveilleux Puberty 2, déjà dans les musts de 2016, la jeune Américaine d’origine nippone revient avec un album poussant encore plus loin la digestion de la crème du rock indé américain de ces trente ou quarante dernières années. Un songwriting peut-être mieux ciselé; une diversité de pop de la plus sensible (magnifique “Two Slow Dancers“) à celle de dance floor (“Nobody“) en passant par de la synth-pop incroyablement crédible (“Why Didn’t You Stop Me?“); la concision comme forme de modestie de ne pas enfanter des tubes trop calibrés; une voix juste belle comme il faut: Mitski, tout simplement la classe, au naturel.

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4) Sewingneedle – User Error

La ville de Steve Albini est évidemment un havre privilégié pour l’indie-rock, notamment le noise-rock, et les power trios en particulier. On y voit ainsi régulièrement fleurir des petits trésors, tels Meat Wave ou Lardo ces derniers temps. Cette année, c’est le souffle de Sewingneedle qui vrombit dans les rues de Chicago-Windy City. C’est précis, racé, prenant, tonitruant. Et l’enchaînement “Dumhinger“-“Whirlybird” est tout bonnement l’un des plus marquants climax rock de l’année. Renfoncez-vous donc l’aiguille.

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5) The Spirit Of The Beehive – Hypnic Jerks

Avec une relative discrétion (mais en étant tout de même le groupe préféré de Mitski), la troupe de Philadelphie (autre remarquable scène indie-rock de l’Amérique contemporaine) poursuit sa route et y va d’un troisième album très attrayant. Sa pop dégingandée est truffée de gimmicks, d’ambiances, mais surtout de mélopées distinguées (“Nail I Couldn’t Bite“, “D.o.u.b.l.e.u.r.o.n.g.“) et de virées plus mordantes comme le titre éponyme. Tout ceci est bien trippy et on se laisse fort volontiers emporter par le tourbillon de cette ruche ensorceleuse.

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6) Parquet Courts – Wide Awake!

Soyons honnêtes: nous commencions à désespérer de nous éprendre de Parquet Courts, dont chaque album, pourtant encensé par la critique établie, n’avait que nourri chez nous la nostalgie de Teenage Cool Kids et Fergus & Geronimo, deux formidables formations de jeunesse du leader Andrew Savage. Jusqu’à ce Wide Awake! qui pour le coup, oui, sonne le réveil. Est-ce la production de l’inspiré Danger Mouse? Ou plus simplement (et probablement) cette magistrale panoplie indie-rock punk arty déclinée tout au long des treize titres porte-bonheur? Peu importe, on a retrouvé notre Savage au sommet, et cette joie nous suffit bien.

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7) The Men – Hated: 2008​-​2011

Il faut croire que cela restera une marque de fabrique de 2018: certaines de ses plus belles pépites dates d’avant. Ici une compilation de démos des New Yorkais de The Men enregistrées entre 2008 et 2011, montrant la bande dans son versant le plus brut et le plus punk. Alors qu’il faut avouer avoir un peu perdu le groupe sur ses deux ou trois derniers albums, l’exhumation de ses créations initiales révèle des trésors. Faisant souvent la part belle à des passages instrumentaux allongés, c’est la rage, l’énergie et la goût du riff acéré qui s’expriment principalement. La fin du disque est particulièrement affriolante avec le surf punk crado et endiablé de “Captain Ahab” et l’ultime hymne instru “Wasted“. Des Hommes on vous dit, des vrais.

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8) Big Ups – Two Parts Together

Comme leurs amis et voisins de Brooklyn LVL UP, cette année aura eu raison de Big Ups et c’est tout une génération de cette scène estampillée du label culte Exploding in Sound qui s’évanouit. Ce troisième et donc dernier album tire le fil d’or des deux précédents, celui d’un post-hardcore raffiné, maniant avec brio l’art de la nuance, des temps forts et des temps calmes, des lignes de guitare et de basse claires et pures, alliées aux soubresauts vocaux de Joe Galarraga. Big Ups était peut-être le plus bel héritier des mythiques Double Dagger. Avec ce legs final, leur absence nourrira presque autant de regrets.

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9) Boy Azooga – 1, 2 Kung Fu!

C’est l’une des belles découvertes de 2018 et elle nous vient de Cardiff. Avec sa pop toute fraîche, Boy Azooga envoie un premier album séduisant dont l’identité se forge surtout autour d’une voix joliment fluette et des rengaines saillantes de clavier, même si des escapades dynamiques trouvent aussi leur place. La doublette “Breakfast Epiphany“-“Loner Boogie” lance parfaitement les hostilités de cette charmante virée galloise.

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10) Lala Lala – The Lamb

Mettez une bonne dose de Frankie Cosmos, ajoutez une petite pointe de Mitski (encore elle), et vous obtiendrez un truc comme Lala Lala. Passée sous les radars en 2016 avec un premier album qui posait sympathiquement les bases de sa pop-grunge minimaliste, cette Britannique installée à Chicago récidive cette année avec The Lamb, collection largement attachante de morceaux doux-amers tels “I Get Cut“, “The Flu” ou l’addictif “Copycat“.

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Et aussi:

Ash – Islands: Apparemment, il est toujours possible de pondre des albums de power-pop corrects après 25 ans de carrière, témoin le tube à boucle  “Annabel“. Merci de passer un coup de fil à Weezer.

Barely March – Marely Barch: Un album très frais de teenage power-pop-punk enregistré sur l’ordinateur maternel (exemple: “Thinking Emoji“). On est curieux de voir grandir le petit Chris.

The Breeders – All Nerve: Là encore, le poids des ans ne touche pas tout le monde de la même façon (hein les Pixies?), et les mythiques de Dayton sortent un de leurs meilleurs disques (avec dans leur bagage une “Nervous Mary” appuyée ).

Forth Wanderers – Forth Wanderers: Indie-rock racé avec des réminiscences de Porches (quand c’était bien), ce premier album fait mouche avec des “Nevermine” en guise d’étendards.

Frankie Cosmos – Vessel: La constance de la chantre de la bedroom pop pour enchaîner des albums de grande qualité devient proprement impressionnante. Voilà qui donne envie de sautiller tiens, comme sur “Being Alive“.

It It Anita – Laurent: Nos Belges préférés ont élargi leur spectre pour embrasser plus amplement leur rock nineties chéri – avec gourmandise et bonheur. Suivez (notamment) l'”User Guide“.

Made Violent – Squeeze: La grungy power-pop (avec des petits accents strokesiens) des trois premiers morceaux de cet EP provoque une jouissance un brin régressive, mais on retourne encore et encore se jeter sur le trampoline de “Squeeze“.

Puts Marie – Catching Bad Temper: La symbiose façonnée par ces Suisses entre indie-rock groovy et flow hip-hop dilettante est tout à fait probante, “Catalan Heat” peut en témoigner.

Trace Mountains – A Partner To Lean On: Échappé de feu LVL UP, Dave propose ce petit bonbon de pop synthétique et réussit même à nous coller de l’auto-tune sans nous faire déguerpir (“Turn Twice“).

Youth Avoiders – Relentless: Il reste, à Paris même, d’illustres adeptes de punk-hardcore, qui tracent leur route et la tracent bien. Une vivifiante tarte dans la gueule, comme avec ce “Watch Me“.

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La playlist Spotifaille Douilles de Rockeur 2018: https://open.spotify.com/playlist/4loz3NK8wvzROMvhPlGI8G

Top 2017 (2nd semestre)

Le Top Albums 2017 à la con Douilles de Rockeur:

  1. Pile – “A Hairshirt Of Purpose”
  2. Lysistrata – “The Thread”
  3. King Gizzard & The Lizard Wizard – “Murder Of The Universe”
  4. Shannon Wright – “Division”
  5. BIG FRED – “Oh Hi Hello”
  6. Grandaddy – “Last Place”
  7. METZ – “Strange Peace”
  8. Palehound – “A Place I’ll Always Go”
  9. Aye Nako – “Silver Haze”
  10. Space Mountain – “Supermundane”

Et sinon voici de manière un peu plus détaillée les 10 disques de la deuxième partie d’année (ordre alphabétique):

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Aye Nako – Silver Haze

La curiosité de tomber sur un groupe de blacks-queers-trans qui fait du rock est très vite dépassée, car ce deuxième album des New-yorkais d’Aye Nako est tout simplement une impeccable petite bombasse indie-punk-rock. Le chant féminin, qui n’est pas sans rappeler Hole par moments, n’est pas le seul rapprochement à faire avec l’excellent Speedy Ortiz: ce souci d’emberlificoter des riffs de guitare finement ciselés est aussi une marque de fabrique partagée. Et voici un nouveau fleuron de la côte Est à garder à l’œil.

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BIG FRED – Oh Hi Hello

Derrière ce groupe et cet album où tout respire le minimalisme, si ce n’est le je-m’en-foutisme, se cache l’une des plus belles découvertes de l’année. En une petite dizaine de titres de une à deux minutes, le trio de Rochester tape en effet dans le mille de l’émotion, avec la voix de Conor McCann qui peut sembler déroutante de prime abord mais dont le grain, sur le fil, impose son épice ; et puis ces compositions à la fois suaves et abrasives qui collent au cœur. Bonjour BIG FRED, et pas au-revoir.

(Ce morceau, “Pet”, est le dixième morceau de l’album… que l’on découvre seulement quand on l’achète: tu sais ce qu’il te reste à faire).

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Big Ok – Big Ok

C’est ni plus ni moins qu’un petit tour de force que réalise cet improbable trio espagnol sur cet album. En parvenant non seulement à créer une vraie alchimie entre la guitare, la batterie et le violon, mais surtout en donnant naissance à des compositions où l’équilibre subtil entre expérimentations, improvisations, noise-rock et virées aériennes fait des ravages. Le tout porté par un chant charismatique à la Josh Homme. Big ok pour Big Ok donc, découvert via A Tant Rêver du Roi, label au goût sûr.

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Camp Howard – Juice EP

Ce fut la bande-son de notre été. À souhait: ensoleillée, accrocheuse et… juteuse. Pour sûr, la quatuor de Richmond ne s’est pas trompé dans l’appellation de son dernier EP. Les six titres de Juice sont absolument délectables, du titre éponyme et ses clins d’œil strokesiens, au “Mismo” chanté en espagnol où l’on s’imagine très bien trotter (nu?) sur la plage, en passant par le punky “Country” et le renversant “Fucked Up”. Pour un éternel été, reprend donc une rasade de Camp Howard.

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Loose Tooth – Big Day

Une belle surprise venue de la fort recommandable scène de Philadelphie que ce Loose Tooth. Avec son indie-rock teinté d’émotion, sachant se faire véloce (“Sleep With The State Concept”) et souvent bigrement bigarré (“Garlic Soup”, “Roach Motel”), le groupe marque son territoire – dans des zones rappelant par exemple celles d’un Donovan Wolfington. Le temps d’un “Day Old Glory” féminin-masculin, on en devient même accro à un refrain entêtant. Loose Tooth, ce n’est clairement pas perdu pour tout le monde.

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The Love Junkies – Cough and Splutter EP

Ce n’est pas tous les jours qu’en une demi-écoute d’EP se forge l’intime conviction que l’on a affaire à l’un de ses nouveaux groupes préférés. Il faut pourtant se rendre à l’évidence: en une douzaine de minutes, cette merveille venue du bout du monde (Perth, Australie) a tout défouraillé sur son passage, comme des Queens Of The Stone Age suramphétaminées qui ne renieraient pas la fibre FIDLAR (le “Past Intense” terminal), avec une science intense de la puissance et du chœur. Il faudra aussi – et donc – en profiter pour fouiner les précédents enregistrements du trio devenu quatuor, dont l’excellent second album Blowing On The Devil’s Strumpet. Et ne plus les lâcher d’une semelle.

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Lysistrata – The Thread

Après un EP remarquable et réjouissant en début d’année, le trio de Saintes a conclu 2017 avec un premier album impressionnant, poursuivant avec un talent bluffant leur œuvre syncrétique de tout ce qui se fait de mieux dans l’indie-rock actuel. Enregistré live, respirant la spontanéité, s’amusant des formats, jouant les montagnes russes, The Thread multiplie les moments forts avant de s’achever sur un superbe “The Boy Who Stood Above The Earth”. N’y allons pas par quatre chemins: Lysistrata est aujourd’hui le meilleur groupe de rock en France, et risque d’aller bien loin.

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METZ – Strange Peace

Alors que les deux premiers opus n’avaient jamais vraiment convaincu par ici, il faut croire que l’effet Albini a encore fait des siennes. Il relève de l’évidence que le gourou de Chicago devait bien un jour finir pas s’occuper du trio de Toronto, et ce Strange Peace confirme le bonheur du l’union. Corrélation ou non, METZ a injecté un zest de popitude et un soupçon de grungitude dans son gros noise rock ravageur. Une recette révisée qui donne un tout imparable, avec dans le lot un “Cellophane” qui est certainement LE morceau rouleau-compresseur de l’année. Ajoutez à cela une prestation surpuissante au Trabendo en novembre pour ce qui restera le concert de 2017, et on se dit “vive la Moselle!”

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Space Mountain – Supermundane

Sans crier gare, Space Mountain a été l’une des attractions de l’année (tu l’as?). Le projet est mené par Cole Kinsler, qui clairement est loin d’être un Mickey (j’arrête). En gros, Space Mountain, c’est un peu comme si LVL UP avait viré folk. Le plus flagrant, c’est ce grain de voix du bostonien, tellement voisin de celui des New-yorkais. Mais des ponts s’établissent également musicalement puisque cette folk est imprégnée de secousses électriques et rythmiques, ainsi que d’un songwriting biberonné aux nineties. Une année sans album de LVL UP avec finalement un quasi-album de LVL UP, c’est-y pas beau?

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Washer– All Aboard

C’est bien simple, nous sommes des inconditionnels de l’écurie de Brooklyn Exploding In Sound Records (Pile, Big Ups), et la tendance à aimer tout ce qui vient de là les oreilles fermées n’est pas nécessairement usurpée. Mais l’attrait pour le premier album de Washer en 2016 (Her Comes Washer) n’était clairement pas feint, et le penchant ne se dément pas avec ce second effort qui vient confirmer les belles intentions du duo. 15 petites bricoles gentiment tarabiscotées, fleurant bon l’indie-rock DIY sincère, avec chacune son petit truc qui fouette ou flatte ou les deux. On en ressort ravis d’avoir été passés à la machine.

Top 2017 (1er semestre)

 

Cende – #1 Hit Single

Avec des membres de LVL UP et Porches dans son escarcelle, le pedigree était prometteur. Quand à cela s’ajoute le featuring de Greta “Frankie Cosmos” Kline sur “What I Want”, ça donne carrément l’un des grands moments d’indie-power-pop de ce début d’année. Au final, le premier album de Cende, même très ramassé (8 titres, 22 minutes) n’a pas grand chose à envier au meilleur des groupes dont il émane, et en offre même une superbe quintessence.

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Fishboy – Art Guards

Nouvel album concept de notre chouchou de Denton, avec cette fois des histoires personnelles et des métiers qui se croisent et se recroisent sur fond de power-pop typique et d’univers graphique entier, marque de fabrique d’Eric Michener. La première partie du disque est particulièrement accrocheuse, avec cet enchainement “Art Guard”-“Former Performance Artist”, ce dernier titre offrant une ritournelle d’intro parfaitement indécrottable.

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Grandaddy – Last Place

Faire aussi bien que 20 ans plus tôt, ce n’est pas donné à tout le monde, même aux meilleurs. Avec Last Place, Grandaddy réussit brillemment le challenge, comme aux plus belles heures des nineties, avec une recette inchangée qui doit en grande partie au génie de Jason Lytle. Tout y est, guitares frottantes, synthés taquins, mélodies à pleurer – ce que l’on ne cesse de faire de toute façon depuis le décès subit du bassiste Kevin Garcia en mai dernier…

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King Gizzard & the Lizard Wizard – Murder of the Universe

Messieurs-dames, si l’apocalypse est ainsi, nous voulons en être. Ce deuxième album de 2017 (en attendant les deux ou trois autres) de nos stakhanovistes australiens du garage psyché est un nouveau chef d’œuvre. Ici, trois grands mouvements foisonnants autour d’histoires hallucinées et manichéennes de bête, de mort, de lumière, d’obscurité, de cyborg voulant dégobiller et finissant par être le responsable de la fin du monde. King Gizzard & the Lizard Wizard est aujourd’hui l’un des groupes de rock à la démarche artistique la plus passionnante du monde.

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Lysistrata – Pale Blue Skin

Ceci n’est peut-être qu’un EP de quatre titres, mais on y trouve plus de réjouissances qu’un paquet de double albums ne seront jamais capables de proposer. Enfilez par exemple ce “Pantalonpantacourt”, grand morceau foufou de ce premier semestre. Trio frenchy (de Saintes), Lysistrata déroule une combinaison chatoyante de ce qui se fait de mieux en indie-rock, math, punk, pop, post-quelque chose, en bâtissant des ponts qu’on enjambe avec délectation, le tout avec une maturité de vieux briscards – les gars n’ont pourtant que 20 balais. Saisissant.

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Palehound – A Place I’ll Always Go

Ellen Kempner, l’âme de Palehound, est l’ex-colloc de Sadie Dupuis, l’âme de Speedy Ortiz. Et si on envisageait une compèt’ entre les deux copines, il se pourrait bien que la première soit en train de prendre la suprématie parmi les meilleurs groupes de meufs d’indie-rock, avec un second album particulièrement affriolant. Songwriting affiné et voix onctueuse sont les piliers de cette collection de titres foutrement attachants, tel l’infaillible “If You Met Her”. Enchanté, madame.

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Pile – A Hairshirt of Purpose

Un nouvel album de Pile, c’est un bouillonnement toujours un peu étrange, des montagnes russes qui promettent de l’émotion au détour de la moindre courbure. Sur ce cinquième épisode merveilleux, les bostoniens déclinent toujours leur envoutante potion magique indie-noise-post-punk avec une classe sans faille. Ici, les fluctuations se font plus volontiers d’un morceau à l’autre qu’au sein d’un même, comme une certaine jurisprudence nous y avait habitué. Preuve s’il en fallait que le groupe poursuit sa marche, en creusant son sublime sillon, sans la moindre indolence.

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Real Life Buildings – Significant Weather

Ce premier semestre fut un peu la fête de la power-pop et la découverte de Real Life Buildings n’est pas anodin dans la qualité de cette petite sauterie. Les New-Yorkais, voisins de label de Fishboy (Lauren Records), déploient sur ce premier album une dizaine de titres dont la base folk serait difficile à renier, délicatement magnifiées par des guitares qui savent s’enfler quand il faut, comme les rythmiques, et des touches de clavier distingué ou un chant mixte opportun. Significativement charmant.

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Shannon Wright – Division

La doyenne de l’indie-rock sensible et racé offre un onzième album tout simplement superbe. Sibyllin, recentrée sur le piano, se contentant parfois de deux bits digitaux (“Accidental”) mais gardant la guitare branchée à bon escient (le morceau éponyme), ici la substantifique moelle du talent de l’américaine s’exprime avec peut-être plus de puissance que jamais. C’est même renversant de beauté, comme sur ces chefs d’œuvre que sont “The Thirst” ou “Iodine”. En deux mots: merci madame.

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Xetas – The Tower

“The” découverte punk-rock de ce début d’année. Le power-trio d’Austin rappe, ripe, cogne, renverse les corps et roule sur les dépouilles, s’acharne dessus à coup de bombes mordantes comme l’inexorable “The Jaws”. Le savant équilibre des beuglements féminins-masculins n’est pas pour rien à l’efficacité de la machinerie mise en route, qui ne serait pas grand chose, certes, sans un savoir-faire certain pour confectionner de vrais bons morceaux, où la dynamique ne néglige pas la mélodie. Grimpez-donc.

Top 2016

À force d’en être rendu à poster une fois par an, fatalement on se retrouve à y aller de notre palmarès de fin d’année à la con.

Alors voilà.

Mais il faut dire que cette année le mérite particulièrement, riche qu’elle fut en très belles sorties.

Voici donc, depuis le sublime album de Florist, les dix disques qu’il ne fallait pas manquer en 2016 – à mon humble et tout à fait partial avis bien évidemment.

Le tout dans un ordre parfaitement alphabétique, car une classification hiérarchique, c’était un peu trop me demander, hein…

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Car Seat Headrest – Teens Of Denial

L’alphabet fait parfois bien les choses car il s’agit incontestablement du meilleur album de l’année. Will Toledo est le nouveau “king of indie rock” et le prouve de manière absolument éclatante sur ce premier album sorti chez Matador (après une flopée balancée sur le Bandcamp du jeune homme). Empestant le talent à des kilomètres à la ronde, il s’amuse ici de toutes les normes pour envoyer 12 titres d’une richesse et d’une classe rare. Un très grand must.

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Frankie Cosmos – Next Thing

Une autre goulue de Bandcamp, qui après son premier “vrai” album Zentropy en 2014 poursuit ici son œuvre avec brio. La recette est toujours la même: des mini twerk-pop-lo-fi-anti-folk songs aguicheuses à souhait et vibrantes de sincérité. Aujourd’hui la voix suave de Greta Kline a de plus trouvé un écrin parfait avec cette orchestration minimaliste – lo-fi-anti-folk oblige – et surtout cette bonne basse priorisée. Vivement la prochaine chose.

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Nonagon Infinity

Attention, cet album rend complètement fou. Les méga-productifs australiens ratatinent la concurrence garage, les californiens Ty Segall et Thee Oh Sees en tête, avec un énième album thématique brillantissime. Ici, 9 titres comme un seul, construits autour d’une même trame et étudiés pour s’enchainer à l’infini dans une démente vague psyché hypnotisante de rythmiques et de riffs ravageurs. Ouf, n’en jetez plus et remettez votre entonnoir sur la tête.

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LVL UP – Return To Love

Nos chouchous new-yorkais sont de retour pour notre amour avec un troisième album paru chez Sub Pop. Une montée en gamme labellisée qui suit la courbe ascendante des progrès constants affichés par le groupe à chaque nouvelle production. Une production ici particulièrement léchée justement, des compositions toujours plus fouillées, profondes, complexes, et un ensemble pourtant homogène malgré la présence de trois songwriters. Une fois encore et en toute cohérence, les voici au niveau supérieur.

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Mitski – Puberty 2

Dans un monde normal, Mitski serait la reine des charts. La collection des titres affichés sur ce quatrième album de la jeune nippone de la Grosse Pomme sonne comme une évidence: ici l’art de la pop song à l’américaine (tendance nineties, tout de même) est savamment digéré et redéployé avec goût et malice. Comme quand, par exemple, la chanteuse fait du Weezer en faisant mieux que Weezer (“Your Best American Girl”). Pas de doute, Mitski est une grande.

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PUP – The Dream Is Over

Tout simplement le meilleur album de punk-rock depuis un sacré bail. Et ça, c’est déjà énorme. Ajoutez à cela le meilleur morceau de punk-rock depuis un sacré bail (“DVP”), un emballage attachant (entre des clips chiadés et un disque qui a failli ne jamais voir le jour du fait des problèmes de voix du chanteur) et surtout des compositions particulièrement soignées et élaborées (pour du punk-rock), avec juste le zest d’émo qu’il faut: vous avez tout pour faire du quatuor de Toronto LE groupe du genre cette année.

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SIMULATORS – Teeth

Sorti de nulle part en cette fin d’année, enfin, plus précisément de Denver, Colorado, ce premier EP bénéficie certainement d’une écoute massive ces derniers jours pour figurer dans ce top annuel. Mais à elle toute seule la bombasse indie-punk que représente le premier titre “Harry Dean Stanton Was A Western Star” suffit à l’y imposer. Indécrottable. Sur la suite, le power duo guitare-batterie se fait moins évident, plus détraqué, mais le martèlement s’avère souverain et le plaisir n’est pas simulé.

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Troy Von Balthazar – Knights of Something

Le quatrième opus de l’esthète pop bricolo à fleur de peau est une nouvelle petite merveille. Que dire de plus? Armé de ses grattes ou claviers foutraques, de ses pédales à effets crados ou à boucles enivrantes, et surtout de cette voix susurrée débordante de mélancolie, l’ancien leader de Chokebore creuse le sillon qui lui convient certainement le mieux et atteint ici une sorte de plénitude bouleversante. Séchez vos larmes.

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Trupa Trupa – Headache

Ok, l’album est sorti en 2015, mais c’était en Pologne, ça compte quand même? En fait nous allons profiter de la publication de Headache cette année en France par le label nancéien Ici d’Ailleurs pour le faire figurer ici en bonne place. Pour les passerelles géniales qu’il dresse entre un rock indé nineties des plus subtils et un post-rock redoutablement magnétique. Et la confrontation des deux versants est tellement naturelle, inspirée, libre, que oui, on peut l’affirmer: l’un des grands groupes d’aujourd’hui nous vient de Gdansk.

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Valina – In Position

Il était temps de découvrir Valina puisqu’In Position est tout bonnement son EP posthume. Les 6 titres ici présents, enregistrés et mixés par Steve Albini messieurs-dames, résument bien la panoplie du groupe autrichien. Riffs imparables, mélodies pugnaces, rythmiques alambiquées mais chirurgicales, penchants expérimentaux saupoudrés de saxophone. Et puis là, ce “Dead Nobody”, petit chef-d’œuvre biscornu qui pourrait bien être le morceau de l’année.

Florist – The Birds Outside Sang (2016)

Le nouvel album de PORCHES. était certainement le plus attendu de ce début 2016, par ici. Mais au-delà de l’audace, la synthpop de Pool est d’un goût beaucoup trop douteux pour magnifier l’immense talent d’Aaron Maine, et c’est plutôt la déception qui fut au rendez-vous. Heureusement, il faut croire que sous chaque dépit peut fleurir un salutaire substitut.

La preuve avec The Birds Outside Sang, premier effort sacrément bien senti de Florist, qui dans un sillage (anti)-folk lo-fi à claviers offre justement une sorte de savant syncrétisme entre les univers de PORCHES. et Frankie Cosmos – pour le côté féminin et plus minimaliste. La filiation est d’autant plus cohérente que comme ces deux modèles, le quatuor emmené par Emily Sprague nous vient de Brooklyn. Et gravite, à l’instar d’Eskimeaux, au sein de cet attrayant collectif d’artistes multi-talents nommé The Epoch.

Composé principalement alors que Sprague était en convalescence suite à un accident de bicyclette et donc inapte à la pratique musicale, The Birds Outside Sang est un chemin sans détour vers l’émotion brute, à la fois sombre et lumineux. C’est d’ailleurs tout sauf un hasard si le titre d’ouverture est baptisé “Dark Light”. Il invite d’emblée à une forme de saisissement incontrôlable, qui grandira au fil du disque et de ses écoutes.

L’épuration érigée en savoir-être, ces claviers dans leur plus simple élément, ces guitares sibyllines, cette voix si poignante qui devient parfois souffle susurré à l’oreille…: tout ici est désarmant de beauté, jusqu’à cet art consommé de ne pas trop délayer. On se surprend même à se rappeler à l’excellent souvenir du Choreography (2006) de Lauren Hoffman sur le titre éponyme. La suave exhalaison de cette entame d’année, il semblerait bien qu’on l’ait fleurée.

I.D.A.L.G. – Post Dynastie (2015)

Du rock’n’roll chanté en français qui transporte, oui, ça existe en 2015. Et que cela nous vienne du Québec et de Montréal, terre qui, entre autres, avait déjà enfanté il y a quelques années l’excellent et éphémère Bonjour Brumaire, est peut-être tout sauf une surprise. Pour finir l’année sur une belle note, voilà donc aujourd’hui I.D.A.L.G. (pour Il Danse Avec Les Genoux; c’est noté), qui envoie une petite merveille en guise de premier album (après deux EP en 5 ans).

Post Dynastie est un disque psyché pas rigide, qui embrasse le style sans mettre la langue. Ce son “début seventies” si spécifique, rond et chaud mais puissant, notamment au niveau de la rythmique aux touches punk savamment dosées. Ces chants féminin/masculin en équilibre parfait, fondus dans la masse, dans ce français qu’on peine à piger mais dont les bribes émergentes tintent si bien, avec ses textes chiadés dédiés à une divinité mexicaine.

Et puis ces morceaux, tout simplement, qui frappent parfois très fort. Comme cette sorte de tube inclassable qu’est “Demi-Serpents” en ouverture, la bombe punkoïde “Aux Crocodiles” ou ce génial titre éponyme aux effluves gainsbouriennes. Le tout ponctué d’instrumentaux énigmatiques et ténébreux, pour boire le calice jusqu’à la lie. Pour la bande des six montréalais, on espère que ce n’est que le début d’une dynastie.

Mike Krol – Turkey (2015)

Cette rentrée des classes sentait bon le garage punk californien avec la sortie des nouveaux albums de FIDLAR et Wavves, ses plus beaux fleurons. Mais alors que chacun des deux recèle quelques pépites, le premier (Too) souffre d’une production certainement un peu trop ampoulée tandis que le second (V) donne cette drôle d’impression d’écouter le même morceau pendant 30 mn…

Et c’est à cet instant que déboule un autre californien, mais d’adoption celui-ci, un dénommé Mike Krol, originaire de Milwaukee et aujourd’hui installé à LA. Qui vient rafler la mise avec Turkey, le plus emballant album du genre depuis un moment. Cette dinde n’est pourtant pas un coup d’essai puisqu’il s’agit du troisième opus après I Hate Jazz en 2011 (que dire de plus?) et Trust Fund (2013). Il aura peut-être fallu une signature sur Merge pour finir par en avoir connaissance.

Dans tous les cas il n’est pas trop tard pour la dévorer, cette volaille – comme ses prédécesseurs d’ailleurs. Car Mike Krol, qui vient d’arrêter son job de designer pour se consacrer entièrement à la musique, y rivalise d’ingéniosité et de malice pour balancer en à peine plus de 18 mn neuf morceaux hyper efficaces, addictifs et drôles – au même titre que la cover qui le présente en flic moustachu et que la vidéo de “Neighborhood Watch”.

Tout cela est fort habilement ficelé, des petites breloques foutraques et lo-fi qui retombent toujours du bon côté de la médaille, portées par une parfaite voix nasillarde aux relents de Fishboy ou même parfois du mythique Daniel Johnston. Le tout dans une ambiance où la dérision est faite loi. Pas de doute, du garage déglingo Mike Krol est fait roi.

Écouter Turkey sur vinyle (en savourant l’artwork sous toutes ses coutures)

Bandcamp (pour écouter I Hate Jazz et Trust Fund)

DL

Ash / Asylums / SSLYBY

Un vent de power-pop entêtante souffle sur la planète indie en ce début de printemps. Et qui s’y colle? Des semi-vétérans nord-irlandais qu’on croyait au rebut, de toutes jeunes pousses rosbifs vouées à la popularité, et l’un des groupes les plus sympas du Missouri – et du monde – en pleine revivification.

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Oui, Ash est encore en vie, et en soit il s’agit déjà d’une info intéressante. Héros de l’indie-power-pop nineties… pendant les nineties, nos amis de Downpatrick sont les auteurs de deux excellents premiers disques, Trailer (1994) et 1977 (1996). La suite, autant le dire, fut un peu plus laborieuse, même si la compil’ Intergalactic Sonic et ses b-sides (2002) est délectable.

Après une quinzaine d’années de productions anecdotiques, le septième album, Kablammo!, sort début juin. “Cocoon”, le premier single, bien qu’un peu badin, est suffisamment addictif pour qu’on l’attende avec un intérêt un peu plus fort que de la simple curiosité.

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Oh que ces petits gars du Southend pourraient bien aller loin… Les trois morceaux qui composent leur premier EP paru en début d’année en constituent en tout cas une belle promesse en forme de brûlots qui dépotent sec. On sent poindre une puissance de feu à la Blink-182, en certainement moins caricatural.

Vous comprendrez quand “I’ve Seen Your Face In A Music Magazine” vous aura fait sauter contre les murs, et “The Death Of Television” vous faire taper la tête où vous pourrez. Écoutez le tout sur le Soundcloud du groupe, en attendant la suite des aventures d’Asylums qui ne devraient plus tarder.

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Après le chef-d’œuvre Let It Sway (2010), on avait fatalement été un peu déçu par Fly By Wire (2013), sans perdre l’affection non-modérée pour Someone Still Loves You Boris Yelstin, ces si bons bougres de Springfield. Les voici revenir deux ans après plus affutés et énergiques que jamais…

… En tout cas à en juger par les deux premiers singles balancés en apéro de The High Country qui sort tout début juin. “Step Brother City” et “Trevor Forever” sont deux petites bombes power-pop hyper catchy et sucrées, avec des whouhous et tout et tout, qui font de cet album l’un des plus attendus d’un printemps qui s’annonce pourtant généreux.

Pile – You’re Better Than This (2015)

Il aurait certainement fallu encore quelques semaines, voire quelques mois, pour éventuellement en envisager tous les merveilleux recoins. Mais cela n’aurait peut-être même pas suffit. Troisième album des bostoniens de Pile, You’re Better Than This est de ces disques au goût d’éternel. Déjà l’an dernier, le groupe nous avait submergé avec un fabuleux 7″ et notamment le titre “Special Snowflakes”, sans doute le plus fameux de 2014. Le voici maintenant fracasser 2015 d’un chef d’œuvre en 10 actes qui fera date.

Pile, c’est la synthèse géniale de l’indie-rock 90’s contrasté à la Pixies (la fureur, la finesse); du songwriting et du chant néo-indie East Coast à la Porches., inspirés et habités; et du post-quelque chose, punk certainement, dans sa façon de déstructurer et d’étirer des ambiances. Une formule tellement puissante… You’re Better Than This se vit comme une œuvre entière et indivisible. Mais le binôme initial “The World Is Your Motel” (quel nom de morceau…)-“Mr. Fish” résume à lui seul la nature et l’ampleur du prodige, furibard puis tout en nuances. En fin d’opus, la paire “#2 Hit Single”-“Yellow Room” reproduit le même type de schéma. You’re Better Than This ? On aimerait bien voir ça. En attendant, Pile se forge tranquillement un destin de groupe culte.

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DL

Robot Death Kites – Yuppie Nightmare (2014)

New York la florissante, New York l’abondante. Voici un énième fringant représentant de la scène indie rock de la ville qui ne dort jamais: Robot Death Kites. Quatre déglingos au gros punk rock qui laisse des traces, en train de s’agiter entre les voisins Big Ups (pour le côté hardcore) et Flagland (pour le côté foutraque).

Yuppie Nightmare, premier EP de quatre titres, décape donc les fonds de cale comme il se doit. Rien de révolutionnaire non plus, mais du bousin bien envoyé. Ainsi ce “No Thanks” qui sonne comme un Pixies dont on taquinerait les roubignoles, ou ce “Sleep Deprived” dont le pont fluet contraste si bien avec les beuglements. Youpi ce genre de cauchemar!

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DL