Benjamin Gibbard – Former Lives (2012)

Après Narrow Stairs (2008) et Codes and Keys (2011), des albums aussi déroutants que décevants, on s’était mis à croire que c’en était fini de Death Cab for Cutie et de son leader Ben Gibbard, pourtant artisans depuis la fin du siècle dernier d’une demi-douzaine d’opus remarquables qui en avaient fait des figures de proue de l’indie pop US. Le tout conduit par un songwriting léché et auréolé d’un certain succès commercial, en tout cas pour l’excellent Plans (2005). Et voilà que déboule en cette rentrée et quasiment sans prévenir Former Lives, superbe premier album solo de Benjamin (jouant ici la rallonge avec son prénom), un effort qui semble tant crier à la face du monde son besoin de s’extirper du taxi mort. Et cette divine surprise de se présenter comme l’un des meilleurs disques indie pop de l’année.

Former Lives, c’est un enchaînement varié de ballades savoureuses, finement ciselées, entêtantes, qui exaltent le talent du songwriter de Seattle. Après un court Shepherd’s Bush Lullaby a capella, voici la ravissante Dream Song et son passage hommage à Elliott Smith (époque Figure 8) aux trois quarts du titre. Suivent les imparables Teardrop Windows et Bigger Than Love, sur laquelle Aimee Mann est invitée. Plus loin, après Lily et sa petite guitare au goût de Eels, la vraie curiosité s’appelle Something’s Rattling (Cowpoke), aux exquises allures mexicaines. Avant que ne résonne Duncan, Where Have You Gone?, un slow que n’aurait pas renié un Lenny Kravitz version Believe. Les suite et fin poursuivent sur un tonneau équivalent. Alors Ben, sache qu’on préfère cette vie-là plutôt que le crépuscule de la précédente.

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DL (J’ai reçu un email me demandant de supprimer le lien. Écrivez-moi si vous voulez le skeud)