Top 2017 (1er semestre)

 

Cende – #1 Hit Single

Avec des membres de LVL UP et Porches dans son escarcelle, le pedigree était prometteur. Quand à cela s’ajoute le featuring de Greta “Frankie Cosmos” Kline sur “What I Want”, ça donne carrément l’un des grands moments d’indie-power-pop de ce début d’année. Au final, le premier album de Cende, même très ramassé (8 titres, 22 minutes) n’a pas grand chose à envier au meilleur des groupes dont il émane, et en offre même une superbe quintessence.

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Fishboy – Art Guards

Nouvel album concept de notre chouchou de Denton, avec cette fois des histoires personnelles et des métiers qui se croisent et se recroisent sur fond de power-pop typique et d’univers graphique entier, marque de fabrique d’Eric Michener. La première partie du disque est particulièrement accrocheuse, avec cet enchainement “Art Guard”-“Former Performance Artist”, ce dernier titre offrant une ritournelle d’intro parfaitement indécrottable.

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Grandaddy – Last Place

Faire aussi bien que 20 ans plus tôt, ce n’est pas donné à tout le monde, même aux meilleurs. Avec Last Place, Grandaddy réussit brillemment le challenge, comme aux plus belles heures des nineties, avec une recette inchangée qui doit en grande partie au génie de Jason Lytle. Tout y est, guitares frottantes, synthés taquins, mélodies à pleurer – ce que l’on ne cesse de faire de toute façon depuis le décès subit du bassiste Kevin Garcia en mai dernier…

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King Gizzard & the Lizard Wizard – Murder of the Universe

Messieurs-dames, si l’apocalypse est ainsi, nous voulons en être. Ce deuxième album de 2017 (en attendant les deux ou trois autres) de nos stakhanovistes australiens du garage psyché est un nouveau chef d’œuvre. Ici, trois grands mouvements foisonnants autour d’histoires hallucinées et manichéennes de bête, de mort, de lumière, d’obscurité, de cyborg voulant dégobiller et finissant par être le responsable de la fin du monde. King Gizzard & the Lizard Wizard est aujourd’hui l’un des groupes de rock à la démarche artistique la plus passionnante du monde.

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Lysistrata – Pale Blue Skin

Ceci n’est peut-être qu’un EP de quatre titres, mais on y trouve plus de réjouissances qu’un paquet de double albums ne seront jamais capables de proposer. Enfilez par exemple ce “Pantalonpantacourt”, grand morceau foufou de ce premier semestre. Trio frenchy (de Saintes), Lysistrata déroule une combinaison chatoyante de ce qui se fait de mieux en indie-rock, math, punk, pop, post-quelque chose, en bâtissant des ponts qu’on enjambe avec délectation, le tout avec une maturité de vieux briscards – les gars n’ont pourtant que 20 balais. Saisissant.

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Palehound – A Place I’ll Always Go

Ellen Kempner, l’âme de Palehound, est l’ex-colloc de Sadie Dupuis, l’âme de Speedy Ortiz. Et si on envisageait une compèt’ entre les deux copines, il se pourrait bien que la première soit en train de prendre la suprématie parmi les meilleurs groupes de meufs d’indie-rock, avec un second album particulièrement affriolant. Songwriting affiné et voix onctueuse sont les piliers de cette collection de titres foutrement attachants, tel l’infaillible “If You Met Her”. Enchanté, madame.

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Pile – A Hairshirt of Purpose

Un nouvel album de Pile, c’est un bouillonnement toujours un peu étrange, des montagnes russes qui promettent de l’émotion au détour de la moindre courbure. Sur ce cinquième épisode merveilleux, les bostoniens déclinent toujours leur envoutante potion magique indie-noise-post-punk avec une classe sans faille. Ici, les fluctuations se font plus volontiers d’un morceau à l’autre qu’au sein d’un même, comme une certaine jurisprudence nous y avait habitué. Preuve s’il en fallait que le groupe poursuit sa marche, en creusant son sublime sillon, sans la moindre indolence.

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Real Life Buildings – Significant Weather

Ce premier semestre fut un peu la fête de la power-pop et la découverte de Real Life Buildings n’est pas anodin dans la qualité de cette petite sauterie. Les New-Yorkais, voisins de label de Fishboy (Lauren Records), déploient sur ce premier album une dizaine de titres dont la base folk serait difficile à renier, délicatement magnifiées par des guitares qui savent s’enfler quand il faut, comme les rythmiques, et des touches de clavier distingué ou un chant mixte opportun. Significativement charmant.

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Shannon Wright – Division

La doyenne de l’indie-rock sensible et racé offre un onzième album tout simplement superbe. Sibyllin, recentrée sur le piano, se contentant parfois de deux bits digitaux (“Accidental”) mais gardant la guitare branchée à bon escient (le morceau éponyme), ici la substantifique moelle du talent de l’américaine s’exprime avec peut-être plus de puissance que jamais. C’est même renversant de beauté, comme sur ces chefs d’œuvre que sont “The Thirst” ou “Iodine”. En deux mots: merci madame.

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Xetas – The Tower

“The” découverte punk-rock de ce début d’année. Le power-trio d’Austin rappe, ripe, cogne, renverse les corps et roule sur les dépouilles, s’acharne dessus à coup de bombes mordantes comme l’inexorable “The Jaws”. Le savant équilibre des beuglements féminins-masculins n’est pas pour rien à l’efficacité de la machinerie mise en route, qui ne serait pas grand chose, certes, sans un savoir-faire certain pour confectionner de vrais bons morceaux, où la dynamique ne néglige pas la mélodie. Grimpez-donc.

Pile – You’re Better Than This (2015)

Il aurait certainement fallu encore quelques semaines, voire quelques mois, pour éventuellement en envisager tous les merveilleux recoins. Mais cela n’aurait peut-être même pas suffit. Troisième album des bostoniens de Pile, You’re Better Than This est de ces disques au goût d’éternel. Déjà l’an dernier, le groupe nous avait submergé avec un fabuleux 7″ et notamment le titre “Special Snowflakes”, sans doute le plus fameux de 2014. Le voici maintenant fracasser 2015 d’un chef d’œuvre en 10 actes qui fera date.

Pile, c’est la synthèse géniale de l’indie-rock 90’s contrasté à la Pixies (la fureur, la finesse); du songwriting et du chant néo-indie East Coast à la Porches., inspirés et habités; et du post-quelque chose, punk certainement, dans sa façon de déstructurer et d’étirer des ambiances. Une formule tellement puissante… You’re Better Than This se vit comme une œuvre entière et indivisible. Mais le binôme initial “The World Is Your Motel” (quel nom de morceau…)-“Mr. Fish” résume à lui seul la nature et l’ampleur du prodige, furibard puis tout en nuances. En fin d’opus, la paire “#2 Hit Single”-“Yellow Room” reproduit le même type de schéma. You’re Better Than This ? On aimerait bien voir ça. En attendant, Pile se forge tranquillement un destin de groupe culte.

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DL

Top 2014 (enfin, depuis le dernier post)

Qu’est-ce qui est plus con qu’un palmarès de fin d’année?

Plein de palmarès de fin d’année, ok.

Mais cela n’est finalement pas grand chose comparé à l’absentéisme dont on s’est ici rendu coupable depuis beaucoup trop longtemps…

Alors dans une sorte de tentative honteuse de se disculper, voici les dix albums qu’il ne fallait pas louper depuis le dernier post de 2014.

Le tout dans un ordre parfaitement alphabétique, parce qu’un vrai classement “qualitatif”, hein, faut quand même pas déconner.

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Christian Fitness – I Am Scared Of Everything That Isn’t Me

La surprise de l’année. Le retour en toute discrétion mais en force et surtout en solo d’Andrew Falkous, le cerveau de McLusky et de Future Of The Left. Douze titres foisonnants et hilarants, enregistrés pour renflouer le Gallois alors au chomedu, qui bâtissent une pièce de très haute volée. À placer parmi les meilleures de la carrière de ce bon vieux Andy.

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Fishboy – An Elephant

Encore un très joli album concept pour le texan qui donne cette fois-ci dans le pachyderme maltraité et la vengeance d’outre-tombe. Si le résultat est un peu moins impressionnant que le chef d’œuvre Albatross (…) (2007), on a droit à notre bonne rasade de ce folk-punk-pop si authentique et attachant.

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Flagland – Love Hard

Un joyeux bordel indie-punk. Voilà le programme proposé par le trio foutraque de New-York tout au long des vingt titres de ce troisième album. On passera avec gourmandise, sans vergogne et entre autres, d’une initiale mini-ballade quasi Beatles-esque à, de l’autre côté, un morceau de sucre power-pop pré-pubère. Mon petit, surtout ne range pas ta chambre.

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Frankie Cosmos – Zentropy

Délicieuse petite anti-folk dans la lignée de la grande marraine Kimya Dawson. La superproductive chérie d’Aaron Maine (Porches.) a ici trié sur le volet dix micro-merveilles pour garnir son premier véritable album studio, qui laisse à peine le temps de se dire que tout cela est impeccable.

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The Front Bottoms – Rose

Cette collection de six titres puisés dans les débuts du duo est tout bonnement la meilleure chose donnée à entendre par nos amis du New Jersey. Leur folk-punk si typique s’avère ici parfaitement indécrottable, et il est hors de question de la passer au jet.

Écouter en entier

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LVL UP – Hoodwink’d

S’il ne fallait en retenir qu’un… Sur ce très attendu second album, LVL UP fait plus que justifier toute la bienveillance à son égard. Sensibles et captivants, les New-yorkais possèdent ce talent rare de rendre indispensables au fil des écoutes des morceaux qui pourraient ne pas payer de mine a priori. Jusqu’à faire de cet indie-punk lo-fi estampillé 90’s la bande son idéale de 2014.

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PAWS – Youth Culture Forever

Après un premier album irréprochable d’efficacité, le trio écossais affine sa personnalité sur un second opus plus racé et ambitieux. Un périple bigarré et passionnant, entre fulgurances soyeuses et douceurs mordantes, qui se termine dans une hypnotique orgie grunge-noise de 12 mn. Réjouissant.

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Post Child – New Age Whatever

C’est bien simple, on ne croit pas avoir entendu du néo-grunge aussi décapant depuis l’album initial de Nine Black Alps – 2005, ça commençait donc à dater. Le quatuor de Chicago confirme ainsi sur son premier LP les belles dispositions entrevues sur l’EP sorti en 2012, à coup de fuzz et de mélodies convaincantes. À suivre.

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Weezer – Everything Will Be Alright In The End

Le miracle de l’année. Eu égard au passif de la dernière décennie, qui aurait pu penser une seule seconde que le mastodonte californien pourrait enfanter un nouvel album de qualité? C’est ici le cas avec une majorité de très bons morceaux, qui fleurent quasiment le Pinkerton (1996) en certaines occasion. Chapeau la résurrection.

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The Wytches – Annabel Dream Reader

Impressionnant tour de force que ce premier album du trio de Brighton, qui réussit avec une déroutante facilité à faire la nique en même temps à Ty Segall et Cage The Elephant. Du garage rock endiablé sur fond de surf 60’s, à en perdre la raison.

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Pile – “Special Snowflakes”

On n’allait tout de même pas vous laisser partir sans évoquer ce titre hyper marquant de l’année, symphonie post-punk de 7 mn qui réalise le syncrétisme absolu entre indie-rock efficace et post-rock tourmenté. Un “petit” chef d’œuvre.