Jason Lytle – Dept. Of Disappearance (2012)

On avait laissé Jason Lytle s’amuser l’an dernier avec ses amis d’Earlimart et sortir le très bon I Heart California (2011) sous le nom de code Admiral Radley. Aujourd’hui, plongé dans Dept. Of Disappearance, la question qui submerge se révèle en fait des plus rationnelles : la vraie disparition, celle de Grandaddy (en 2006, déjà), est-elle si dramatique que cela ? Car avec un tel album, Jason Lytle, le cerveau de l’ex-bande de Modesto, réalise une œuvre qui n’a finalement pas tant que ça à envier à celles de ses anciens protégés.

Maître inaliénable de cette si typique indie pop atmosphérique flanquée de claviers magiques, Jason Lytle invite encore à un délicieux voyage mélancolique, comme une promenade en gondole sur un canal lacrymal. À côté du titre éponyme ou de Your Final Setting Sun, qui résonnent déjà comme des classiques, on déguste avec gourmandise la sucrée et plus ramassée Get Up And Go. Mais le coup fatal est porté par l’immense et splendide Matterhorn, à l’étonnante effluve du Variations Sur Marilou de Serge Gainsbourg, qui vient s’adjuger une place au panthéon du songwriter, et sûrement au-delà. Notre faiblesse pour ce type n’est pas près de disparaître.

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DL