Joyce Manor – Of All Things I Will Soon Grow Tired (2012)

Qu’attendre de la suite d’un chef d’œuvre comme celui qu’est le premier album de Joyce Manor ? Rien. A la limite, il est préférable de ne rien en attendre sous peine de déception, et ce n’est assurément pas le sentiment qui domine lorsqu’on s’immerge dans la seconde fournée des californiens. Malgré tout, Of All Things I Will Soon Grow Tired déroute. Ne fatigue pas, mais déroute. Pour finir par s’avérer sacrément attachant, en contrepied partiel de l’effort inaugural, explorant de nouvelles contrées en un temps record (13 mn).

On reste en territoire connu avec les cinglants Comfortable Clothes et If I Needed You There, mais place à de l’acoustique lo-fi avec Drainage et I’m Always Tired, à de la pop vitaminée avec Bride of Usher, et à la nouveauté totale avec See How Tame I Can Be, un titre carrément dans la veine de The Strokes. Au beau milieu de notre brève virée, voilà un méconnaissable mais du coup bien curieux Video Killed The Radio Star, le tube intersidéral des Buggles. Ici, la vraie frustration vient de la longueur de l’opus : c’est un peu court, jeunes hommes. Pas la durée des chansons, bien sûr. Mais au moins deux ou trois titres supplémentaires auraient été bienvenus, pour la consistance de l’objet et la satisfaction de notre gourmandise. Pour autant, le plaisir n’est en rien gâché de voir ce groupe suivre son bonhomme de chemin avec talent et sans carcan.

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Joyce Manor – Joyce Manor (2011)

Sans conteste la révélation 2011. Dix titres envoyés comme une furie en moins de vingt minutes, la rage d’une jeunesse triomphante, le souffle d’un talent pur et frais sachant allier concision et justesse jouissive de composition. Joyce Manor est de ces (trop rares) groupes qui rendent encore le punk rock alléchant et excitant, ni plus ni moins.

Cet album, leur premier, c’est comme le cochon : tout est bon dedans. Et même ceux qui mangent casher y trouveront leur compte, promis. Chacun des dix morceaux peut ainsi potentiellement être le préféré des uns ou des autres. Par ici, on a un petit faible pour Famous Friend, mais c’est une torture de distinguer une pépite plutôt que sa voisine.

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