Ty Segall – Twins (2012)

Comme prévu, l’insatiable Ty Segall balance son album annuel, qui est en fait son troisième en 2012 si l’on prend la peine de compter le hardos Slaughterhouse paru sous le nom de Ty Segall Band, et Hair, en collaboration avec White Fence (et tous deux déjà bien sympas). Ici, Twins succède plus sûrement au plutôt “calme” Goodbye Bread (2011) et, quintessence de pop joliment sale, pourrait bien prétendre au titre de meilleure réalisation du Californien.

Car plus que jamais, on imagine alentours des Beatles respectueusement trainés dans la poussière crasseuse d’un hangar à l’abandon. Un endroit qui, avantageusement squatté par ce touffu du caillou et sa bande de potes non moins chevelus, deviendrait the place to be pour salir ses jeans moulants et vider quelques bières chaudes au son de ce rock garage intenable. L’implacable Thank God For Sinners, l’endiablée You’re The Doctor, l’acidulée Would You Be My Love ou la lancinante Ghosts : la première moitié de Twins est irréprochable. Après un petit coup de mou pour entamer la seconde (They Told Me Too et Love Fuzz), la fin retrouve de belles couleurs avec notamment la posée Gold On The Shore. Qui illustre parfaitement l’impression ultime : Ty Segall a encore semé un peu d’or sur la plage.

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Ty Segall – Goodbye Bread (2011)

Ty Segall est un grand malade. Le jeune californien pond des chansons et des disques comme un pétomane enfilerait des perles. Pour autant, tout n’est pas que du vent avec lui, même si on a du mal à compter les albums du prolifique bonhomme depuis 2008 et ses débuts en solo. Ce Goodbye Bread doit être le cinquième, après notamment Lemons (2009) et Melted (2010) où la trinité garage-pop-concision est fièrement portée en étendard, rappelant le regretté Jay Reatard (avec une petite pointe de White Stripes).

Ici on prend un peu plus son temps, on pointe un bout de nez hors du garage et on fignole la mélodie. Comme sur l’exquis morceau éponyme, qui convoquerait quasiment du Beatles. L’excellent My Head Explodes est a lui seul tout un programme : une première moitié du titre évoque le Sweet Dreams d’Eurythmics (mais, heureusement, avec une ronflante guitare acoustique plutôt qu’un clavier daté), la seconde partie survenant telle un refrain nirvanesque pour finir sur une brève éjaculation punkoïde. Si tout n’est pas égal, on est prêt pour la suite de Segall. Après-demain ?

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