Deerhunter – Monomania (2013)

Deerhunter poursuit une sorte de mue qui vire au superbe. Les précédents Microcastle (2008) et Halcyon Digest (2010) offraient déjà de magnifiques plages, mais peut-être encore un peu trop ponctuées de virées expérimentales. Avec Monomania, la troupe d’Atlanta accouche d’une formidable œuvre d’évidence, aux arcanes plus classiquement pop mais que l’admirable songwriting de Bradford Cox et sa délicieuse voix traficotée concourent à rendre incontournable.

A la fois crasseux et raffiné, ce cinquième album n’est pas sans évoquer Pavement, par exemple, et même plus rarement les furtifs et fort regrettés Clues. Considérer les impeccables tubes indie rock “Blue Agent” ou “Dream Captain” comme ses meilleurs pièces serait assez tentant, mais pourrait aussi sonner comme un aveu de facilité. Car de “Neon Junkyard” à “Punk (La Vie Antérieure)”, les douze morceaux offrent chacun leur univers d’excellence qui font de Monomania un très grand disque de 2013. En queue d’opus, même le titre éponyme, le plus long, déblatère un entêtant final de 3 minutes qui fait grimper au ciel. Mais à vrai dire, on planait déjà depuis une demi-heure, et pendant encore longtemps.

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DL