Top 2014 (enfin, depuis le dernier post)

Qu’est-ce qui est plus con qu’un palmarès de fin d’année?

Plein de palmarès de fin d’année, ok.

Mais cela n’est finalement pas grand chose comparé à l’absentéisme dont on s’est ici rendu coupable depuis beaucoup trop longtemps…

Alors dans une sorte de tentative honteuse de se disculper, voici les dix albums qu’il ne fallait pas louper depuis le dernier post de 2014.

Le tout dans un ordre parfaitement alphabétique, parce qu’un vrai classement “qualitatif”, hein, faut quand même pas déconner.

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Christian Fitness – I Am Scared Of Everything That Isn’t Me

La surprise de l’année. Le retour en toute discrétion mais en force et surtout en solo d’Andrew Falkous, le cerveau de McLusky et de Future Of The Left. Douze titres foisonnants et hilarants, enregistrés pour renflouer le Gallois alors au chomedu, qui bâtissent une pièce de très haute volée. À placer parmi les meilleures de la carrière de ce bon vieux Andy.

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Fishboy – An Elephant

Encore un très joli album concept pour le texan qui donne cette fois-ci dans le pachyderme maltraité et la vengeance d’outre-tombe. Si le résultat est un peu moins impressionnant que le chef d’œuvre Albatross (…) (2007), on a droit à notre bonne rasade de ce folk-punk-pop si authentique et attachant.

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Flagland – Love Hard

Un joyeux bordel indie-punk. Voilà le programme proposé par le trio foutraque de New-York tout au long des vingt titres de ce troisième album. On passera avec gourmandise, sans vergogne et entre autres, d’une initiale mini-ballade quasi Beatles-esque à, de l’autre côté, un morceau de sucre power-pop pré-pubère. Mon petit, surtout ne range pas ta chambre.

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Frankie Cosmos – Zentropy

Délicieuse petite anti-folk dans la lignée de la grande marraine Kimya Dawson. La superproductive chérie d’Aaron Maine (Porches.) a ici trié sur le volet dix micro-merveilles pour garnir son premier véritable album studio, qui laisse à peine le temps de se dire que tout cela est impeccable.

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The Front Bottoms – Rose

Cette collection de six titres puisés dans les débuts du duo est tout bonnement la meilleure chose donnée à entendre par nos amis du New Jersey. Leur folk-punk si typique s’avère ici parfaitement indécrottable, et il est hors de question de la passer au jet.

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LVL UP – Hoodwink’d

S’il ne fallait en retenir qu’un… Sur ce très attendu second album, LVL UP fait plus que justifier toute la bienveillance à son égard. Sensibles et captivants, les New-yorkais possèdent ce talent rare de rendre indispensables au fil des écoutes des morceaux qui pourraient ne pas payer de mine a priori. Jusqu’à faire de cet indie-punk lo-fi estampillé 90’s la bande son idéale de 2014.

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PAWS – Youth Culture Forever

Après un premier album irréprochable d’efficacité, le trio écossais affine sa personnalité sur un second opus plus racé et ambitieux. Un périple bigarré et passionnant, entre fulgurances soyeuses et douceurs mordantes, qui se termine dans une hypnotique orgie grunge-noise de 12 mn. Réjouissant.

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Post Child – New Age Whatever

C’est bien simple, on ne croit pas avoir entendu du néo-grunge aussi décapant depuis l’album initial de Nine Black Alps – 2005, ça commençait donc à dater. Le quatuor de Chicago confirme ainsi sur son premier LP les belles dispositions entrevues sur l’EP sorti en 2012, à coup de fuzz et de mélodies convaincantes. À suivre.

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Weezer – Everything Will Be Alright In The End

Le miracle de l’année. Eu égard au passif de la dernière décennie, qui aurait pu penser une seule seconde que le mastodonte californien pourrait enfanter un nouvel album de qualité? C’est ici le cas avec une majorité de très bons morceaux, qui fleurent quasiment le Pinkerton (1996) en certaines occasion. Chapeau la résurrection.

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The Wytches – Annabel Dream Reader

Impressionnant tour de force que ce premier album du trio de Brighton, qui réussit avec une déroutante facilité à faire la nique en même temps à Ty Segall et Cage The Elephant. Du garage rock endiablé sur fond de surf 60’s, à en perdre la raison.

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Pile – “Special Snowflakes”

On n’allait tout de même pas vous laisser partir sans évoquer ce titre hyper marquant de l’année, symphonie post-punk de 7 mn qui réalise le syncrétisme absolu entre indie-rock efficace et post-rock tourmenté. Un “petit” chef d’œuvre.

The Front Bottoms – Talon Of The Hawk (2013)

La première chanson de Talon Of The Hawk dit “Au Revoir” alors qu’on est si heureux de les retrouver dans cette pleine forme. Ce petit pied de nez initial offre une ouverture délicieuse au nouvel album de The Front Bottoms (le deuxième après l’aguichant The Front Bottoms parus en 2011 chez Bar/None Records, le quatrième si l’on compte les auto-produits parus en 2008 et 2009). Une œuvre sur laquelle le duo du New Jersey affine son style et fait mouche, un peu comme si un Blink-182 (des débuts) mettait de l’eau dans son vin et se parait d’une certaine maturité et de tendances orchestrales.

En fait la paire guitare-batterie s’affirme aujourd’hui en quatuor efficace, ainsi enrichie non seulement d’une basse mais aussi d’un clavier et de pincées de trompette et d’accordéon. Les compositions ont pris une belle envergure et bénéficient d’un travail d’arrangement joliment ciselé, avec ce grain de la guitare acoustique de Brian Sella qui maintient un lien avec les racines folk punk du groupe. Parmi les douze titres très homogènes, il serait assez partial de citer seulement le second single bien charpenté “Skeleton” ou le décapant “The Feud”. Sans embage, Talon Of The Hawk balaye les légers doutes qui émanaient de la pièce précédente. Tant et si bien qu’après des dizaines d’écoutes, il est vraiment difficile de lui dire au revoir.

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The Front Bottoms – The Front Bottoms (2011)

C’est fou ce qu’on arrive à faire avec seulement une batterie et une guitare acoustique. Tel est le théorique équipement de base de The Front Bottoms. En fait, sur son premier album du même nom, le duo du New Jersey invite régulièrement vent et clavier pour offrir au final une étonnante forme de folk punk orchestral.

Si le tout est plutôt attachant, on peut juste regretter l’aspect sensiblement répétitif de la formule et des morceaux qui dans l’ensemble trainent un peu en longueur… Pas étonnant alors que le meilleur titre soit aussi le plus court, Looking Like You Just Woke Up et sa paire de minutes. L’introductif et reluisant Flashlight est lui significatif de ce qui est proposé au menu.

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